Les bassins récepteurs
La prise en compte des bassins récepteurs dans la politique de désimperméabilisation est essentielle pour une
gestion efficace des eaux pluviales en milieu urbain.
En favorisant l’infiltration de l’eau dans le sol plutôt que son ruissellement direct vers ces bassins,
la désimperméabilisation permet de réduire les risques d’inondation, de limiter la surcharge des réseaux
d’évacuation et d’améliorer la qualité des eaux en filtrant naturellement les polluants.
De plus, elle contribue à la recharge des nappes phréatiques et renforce la résilience climatique des villes
face aux épisodes de fortes pluies ou de sécheresse.
La prise en compte des bassins récepteurs permet ainsi d’optimiser la gestion de l’eau tout en réduisant les
coûts liés aux infrastructures de drainage.
Quels sont les effets des bassins récepteurs imperméables en ville ?
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Environnement urbain imperméabilisé :
l’eau de pluie ne peut pas pénétrer dans le sol. Elle ruisselle donc rapidement sur les surfaces jusqu’à
atteindre les systèmes de drainage ou les points bas, augmentant la charge des bassins récepteurs, qu’il
s’agisse de bassins naturels comme les rivières et les lacs, ou d’infrastructures artificielles comme les
bassins de rétention.

En désimperméabilisant des surfaces, une partie de l’eau s’infiltre localement dans le
sol plutôt que de ruisseler directement vers les bassins récepteurs. Cela réduit non seulement le volume d’eau
arrivant à ces bassins, mais aussi la vitesse du ruissellement, limitant ainsi les pics de débit qui peuvent
provoquer des inondations.

Par ailleurs, les infrastructures existantes de gestion des eaux pluviales, comme
les réseaux d’évacuation ou les stations de traitement, sont moins sollicitées, ce qui contribue à leur
efficacité à long terme. En effet, cela évite aux stations d’épuration de traiter de l’eau de pluie et donc de
surcharger l'arrivée d’eau en tête de stations réduisant souvent leur capacité de traitement pendant les
crues.
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La réduction des inondations :
La désimperméabilisation contribue à réduire les risques d’inondations en permettant une infiltration locale
de l’eau, ce qui évite qu’elle ne s’accumule en grandes quantités dans les zones basses.
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La recharge des nappes phréatiques :
L’eau infiltrée s’accumule naturellement dans les réserves souterraines, un atout crucial en période de
sécheresse.
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Le rôle de la perméabilité des sols :
Les sols perméables jouent un rôle de filtre naturel, piégeant les polluants présents dans les eaux de
ruissellement comme les huiles ou les métaux lourds, ce qui améliore la qualité de l’eau qui finit par
atteindre les bassins récepteurs ou les cours d’eau.
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Un gain économique :
La désimperméabilisation permet de diminuer les coûts associés à la gestion des eaux pluviales, en limitant la
nécessité de construire de nouvelles infrastructures ou de renforcer les systèmes existants.
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Amélioration de la résilience climatique :
Dans les villes lors d'aléas climatiques, comme les pluies intenses ou les périodes de sécheresse prolongée,
en permettant une gestion plus naturelle et flexible de l’eau. Cela évite principalement pendant les crues
d'inonder les bassins récepteurs
En somme, la désimperméabilisation réduit la pression sur les bassins récepteurs tout en apportant de nombreux
avantages écologiques, économiques et sociaux. Elle est donc une solution essentielle pour construire des villes
durables, résilientes et adaptées aux défis climatiques actuels.
Comment a été créé ce facteur ?
Dans un premier temps, les zones de rétention d’eau sont calculées à partir de la couche des pentes, du MNT dont le taux de lissage des pentes est de 0 et les zones d’accumulation des flux.
(([Flow_Accumulation]) *
([Slope] < 5) *
([Sinks] = 0))
Puis, dans un deuxième temps, on établit une statistiques de zone avec la moyenne de rétention par parcelle. Cela permet d'établir un score allant de 1 à 5.
La pollution des sols
La prise en compte des sites industriels dans l'outil d'aide à la décision pour la déperméabilisation est
primordiale pour anticiper et limiter la propagation des polluants dans les milieux urbains.
Les sites industriels émettent divers polluants, tels que des métaux lourds et des produits chimiques, qui se
dispersent par le biais du ruissellement des eaux pluviales et contaminent les sols,
les eaux de surface et les nappes phréatiques.

En identifiant ces zones sensibles, l'outil permet de prioriser
les interventions de déperméabilisation dans les secteurs les plus exposés,
réduisant ainsi les risques pour la santé publique et l'environnement. Ce choix vise à diminuer l'impact des
pollutions industrielles sur la qualité de l'air, de l'eau et des sols,
tout en renforçant la résilience des zones urbaines.
Quels sont les effets de ces pollutions industrielles ?
Au sein de la métropole de Lyon, il existe plusieurs types de sites industriels dont de l’industrie chimique,
des traitements des eaux usées, des activités de transports, de la production d’énergie, ou encore des activités
agricoles.
Ces sites industriels émettent tous types de polluants, dont :
-
Métaux lourds et leurs dérivés :
cuivre, magnésium, zinc, chrome, fer, mercure, nickel, plomb, cadmium, aluminium, arsenic, manganèse,
molybdène, uranium.
-
Autres métaux et métalloïdes :
divers métaux et composés métalliques non spécifiques.
-
Polluants gazeux :
ammoniac (NH3), dioxyde de soufre (SO2), gaz à effet de serre (CO2), méthane (CH4), oxydes d'azote (NOx),
oxydes de soufre (SOx), protoxyde d'azote (N2O).
-
Polluants organiques :
hydrocarbures, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), hydrocarbures imbrûlés, composés organiques
volatils (COV), polluants organiques persistants.
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Polluants solides et particulaires :
particules fines (PM10, PM2.5), poussières, matières en suspension, déchets solides, débris de construction.
-
Polluants liquides et chimiques :
eaux usées, eaux usées contaminées, eaux usées organiques, solvants, huiles usées, résidus de fertilisants,
résidus de métaux, résidus organiques, nitrates, phosphates, pesticides.
-
Déchets divers :
déchets alimentaires, déchets médicaux, déchets plastiques, résidus de nourriture, déchets organiques.
-
Autres polluants spécifiques :
éthanol et vapeurs d'éthanol, polluants des sols.
Les activités industrielles, bien qu’essentielles pour l’économie, sont également à l’origine d’une dispersion
importante de polluants dans les environnements urbains.
Elles émettent des métaux lourds, des hydrocarbures et d’autres substances chimiques par le biais de plusieurs
vecteurs, principalement à travers le ruissellement des eaux pluviales.
Ces polluants proviennent des activités telles que la métallurgie, la chimie, l’extraction minière ou encore le
traitement des matériaux.
Les émissions sont classées en trois catégories principales :
-
Rejets atmosphériques :
Ces émissions incluent des gaz comme le dioxyde de carbone (CO2), des particules fines et ultrafines (PM10,
PM2.5), des composés organiques volatils (COV), ainsi que des oxydes d’azote et de soufre. Les particules
métalliques (plomb, zinc, cadmium, etc.) s’ajoutent à ces rejets. Ces polluants, en plus d’être inhalés par
les populations, se déposent sur les surfaces imperméables comme les toitures ou les parkings industriels.
Lors des précipitations, ces dépôts sont transportés par les eaux pluviales vers les réseaux d’eaux pluviales
ou directement vers les sols, cours d’eau ou zones humides environnantes (TREVI, 2024).
-
Effluents liquides :
Les rejets liquides des sites industriels contiennent des matières en suspension (MES), des hydrocarbures, des
composés organiques persistants, des métaux lourds, des pesticides ou encore des perturbateurs endocriniens.
Ces effluents contaminent les cours d’eau, les nappes phréatiques et, par conséquent, les océans. Les matières
en suspension réduisent la pénétration de la lumière dans l’eau, ce qui affecte la vie aquatique. Les matières
organiques consomment de l’oxygène lors de leur dégradation, privant ainsi les écosystèmes aquatiques de cet
élément vital.
-
Déchets solides :
S’ils ne sont pas correctement stockés ou traités, les déchets industriels contaminent durablement les sols et
les eaux souterraines (Impact Environnement). Les métaux lourds et autres polluants solides persistent dans
l’environnement, rendant leur gestion essentielle. (Impact Environnement)
Quels sont les impacts de ces pollutions ?
Les pollutions issues des activités industrielles entraînent des conséquences majeures, qui se manifestent à
plusieurs niveaux :
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Effets sur les écosystèmes aquatiques :
Les métaux lourds (par exemple, cuivre, chrome, mercure), tout comme d'autres polluants chimiques, tels que les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et les composés organiques volatils (COV), sont particulièrement toxiques pour la faune et la flore aquatiques.
Ils altèrent la reproduction, la croissance et les fonctions métaboliques des organismes.
Le mercure, par exemple, se transforme en méthylmercure dans les milieux aquatiques, une forme hautement toxique qui s’accumule dans les chaînes trophiques, affectant notamment les poissons et, par extension, les humains (Benadda, 2002).
De même, les nitrates et les phosphates, issus des rejets agricoles et industriels, provoquent l’eutrophisation des milieux aquatiques.
Ce phénomène entraîne une prolifération excessive d’algues, qui consomme l’oxygène des eaux, entraînant ainsi l’asphyxie des organismes vivants.
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Accumulation dans les sols :
Les polluants transportés par le ruissellement s’infiltrent également dans les sols à proximité des sites
industriels. Les métaux lourds, les huiles usées, les pesticides, les résidus de fertilisants ou encore les
solvants s’y accumulent et modifient la composition chimique des sédiments, affectant la fertilité des sols et
limitant leur utilisation future. Cette pollution des sols peut également atteindre les nappes phréatiques,
compromettant la qualité des eaux souterraines sur le long terme.
-
Effets à long terme :
Les métaux lourds sont persistants et non biodégradables. De même que les polluants organiques persistants
(POP), tels que certains pesticides ou composés industriels, ainsi que les particules fines (PM10, PM2.5),
demeurent dans l’environnement pendant de longues périodes. Leur accumulation progressive dans l’environnement
contribue à une pollution chronique difficile à remédier. Des zones proches des sites industriels peuvent
devenir des "points chauds" de contamination, nécessitant des actions coûteuses de dépollution, parfois sur
plusieurs décennies.
-
Impact sur la santé des populations :
Les populations urbaines vivant à proximité des sites industriels sont particulièrement exposées à ces
polluants. Les eaux de surface et les nappes phréatiques contaminées peuvent introduire des toxines dans la
chaîne alimentaire via l’eau potable ou les produits agricoles irrigués. À long terme, l’exposition prolongée
à des métaux comme le plomb, l’arsenic, le cadmium, le nickel ou encore aux hydrocarbures imbrûlés peut
provoquer des cancers, des maladies rénales, ou des atteintes au système nerveux central, en particulier chez
les enfants (Officiel prévention, 2014). Les perturbateurs endocriniens présents dans les effluents liquides
perturbent le fonctionnement hormonal et peuvent entraîner des troubles de la fertilité. Par ailleurs, les
nitrates et les résidus organiques présents dans les eaux de consommation peuvent causer des maladies
gastro-intestinales et des intoxications.
-
Effet sur la dynamique urbaine :
En plus des impacts sanitaires et environnementaux, la contamination associée aux sites industriels peut
entraîner une dévaluation des zones résidentielles avoisinantes et décourager les investissements. Cela
contribue à la fragmentation des villes et à des inégalités socio-spatiales, les populations les plus
défavorisées étant souvent les plus exposées.
Les pollutions industrielles représentent une menace importante pour l'environnement et la santé publique. À
travers la dispersion de métaux lourds, de produits chimiques, de particules fines et d'autres substances, les
activités industrielles affectent les écosystèmes aquatiques et terrestres, compromettent la qualité de l'eau et
des sols, et causent des dommages à long terme dans les zones proches des sites industriels. Ces polluants,
notamment les métaux lourds, les hydrocarbures, les COV et les perturbateurs endocriniens, posent un risque
majeur pour la santé des populations urbaines. Afin de limiter leur propagation et de restaurer la qualité des
milieux urbains, il est utile de désimperméabiliser les sols pour réduire le ruissellement des eaux pluviales,
permettant ainsi une gestion plus efficace des polluants. En parallèle, la spatialisation des sites industriels
permet une meilleure identification des zones les plus exposées aux risques de pollution. Elle facilite la
visualisation des sites à fort potentiel de contamination, et permet de mettre en évidence les zones à
désimperméabiliser pour répondre aux enjeux de santé publique et environnementaux.
Comment a été créé ce facteur ?
L’idée est donc d’identifier les sections cadastrales avec une forte concentration de sites industriels et un
faible score de perméabilité comme une priorité d’action. Pour construire ce facteur, nous avons utilisé la base
de données BASIAS, qui recense les sites industriels, anciens et actuels, émettant des polluants. Le BRGM
attribue des notes à chaque polluant, et un même code NAF peut être associé à plusieurs substances. Ainsi, les
établissements industriels, au sein de la base de données BASIAS sont évalués à l'aide de scores de pollution,
attribués selon le niveau de pollution associé à leur activité, en fonction de critères tels que :
- La nature des polluants émis
- La quantité d'émissions
- Le type de processus industriel
- Les mesures de contrôle de la pollution mises en place
Pour développer ce facteur, nous avons pris en compte plusieurs facteurs :
- L’emplacement des sites industriels
- Le nombre de polluants qu'ils émettent
- La note des polluants émis
- La proximité des sites industriels entre eux (aspect additif des polluants)
Les étapes pour constituer ce facteur de pollution :
La constitution du facteur de pollution pour chaque site industriel a suivi plusieurs étapes clés, détaillées ci-dessous :
-
Récupération des données : La première étape de notre analyse consiste à récupérer la base de données BASIAS qui contient des informations sur les sites industriels, notamment les émissions de polluants. Nous avons extrait cette base de données, en écartant la base BASOL en raison de sa limitation géographique. Cependant, certains sites peuvent être anciens et ne pas être nécessairement actifs, il est donc essentiel de vérifier cette dimension lors de la phase suivante.
-
Séparation des codes NAF : La base de données contient un champ regroupant plusieurs codes NAF dans une même colonne. Nous avons extrait chaque code NAF dans des colonnes distinctes pour permettre un traitement plus précis des sites en fonction de leurs secteurs d'activité. Ce traitement a été effectué en R en utilisant la fonction
separate() du package tidyr.
-
Récupération des matrices de scores BRGM : Nous avons récupéré une matrice contenant les scores de pollution associés à chaque code NAF. Ces scores, fournis par le BRGM, sont utilisés pour évaluer la nocivité des polluants en fonction du secteur d'activité.
-
Calcul de la somme des scores par code NAF : À partir de la matrice des scores, nous avons calculé la somme des scores de pollution pour chaque code NAF. Ce calcul a permis d’affecter une note de pollution spécifique à chaque code NAF, à l’aide d’un script R.
-
Calcul des scores pondérés par la connectivité : Pour affiner notre approche, nous avons intégré la notion de connectivité des terrains. Les polluants peuvent se déplacer avec le ruissellement de l'eau, influencé par la topographie. Nous avons créé des tampons concentriques autour de chaque site industriel à différentes distances pour évaluer l'influence spatiale. Nous avons utilisé un script R pour attribuer une note à chaque entité de l’Urban Atlas, prenant en compte la nocivité des polluants émis sur le périmètre, mais aussi dans des zones d’influence pouvant atteindre jusqu'à 200 m.
Si une parcelle est touchée par un tampon à 20m et reçoit 60% du score, elle ne récupère pas l’intégralité de cette valeur, mais une fraction, selon l’intersection du buffer avec la parcelle. Cette logique est prise en compte dans notre script.

Les îlots de chaleur

Le facteur des îlots de chaleur urbains est essentiel dans un outil d’aide à la décision pour la
désimperméabilisation, car il permet de cibler les zones urbaines les plus vulnérables aux effets des températures élevées.
En réduisant les surfaces imperméables et en favorisant la végétalisation, on peut diminuer l’absorption et la
rétention de chaleur,
réduisant ainsi les risques pour la santé publique et améliorant le confort thermique.
Ce facteur permet de prioriser les interventions dans les secteurs les plus exposés aux vagues de chaleur,
renforçant ainsi la résilience de la ville face aux défis climatiques tout en améliorant la qualité de vie des
habitants.

Quel est l’intérêt dans la réduction des îlots de chaleur ?
Qu’est-ce qu’un îlot de chaleur urbain ? : L’effet d’« îlot de chaleur urbain » (ICU) désigne une « sorte de
dôme d’air plus chaud couvrant la ville » qui est la « manifestation climatique la plus concrète de la présence
et des activités de la ville » (Cantat, 2004, p. 75). La température en ville dépend de la température ambiante
de la région, mais elle est augmentée à cause de la forme urbaine, l’architecture, les matériaux utilisés,
l’absence de végétalisation (Reghezza-Zitt, 2023). Ainsi, les immeubles bloquent la circulation de l'air, les
matériaux de construction emmagasinent la chaleur, que la climatisation rejette dans la rue. Interviennent aussi
la circulation automobile, l'industrie, etc. L’ICU est plus important la nuit, car alors que la périphérie se
refroidit, constructions et voirie rejettent la chaleur stockée pendant la journée. Il est aussi d'autant plus
marqué (ibid.). (Géoconfluence, 2015).
Ainsi, l'urbanisation croissante et l'augmentation des surfaces imperméables dans les villes entraînent des
conséquences notables sur le climat urbain, notamment l’intensification des îlots de chaleur. Face à ces enjeux,
la désimperméabilisation des sols émerge comme une solution clé pour améliorer la résilience des villes face aux
vagues de chaleur. En transformant les zones urbaines en espaces plus perméables et végétalisés, il est possible
de réduire significativement les effets négatifs des températures élevées tout en offrant de nombreux bénéfices
environnementaux, sanitaires et sociaux.
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Réduction des îlots de chaleur urbains
Les surfaces imperméables, telles que l'asphalte et le béton, jouent un rôle majeur dans l'augmentation des
températures urbaines. Ces matériaux absorbent et stockent la chaleur pendant la journée, pour la relâcher
lentement la nuit, ce qui entraîne des températures nocturnes élevées et prolonge l'impact des vagues de
chaleur. En favorisant la désimperméabilisation des sols, nous pouvons atténuer cet effet en remplaçant les
surfaces non perméables par des matériaux plus écologiques, comme les revêtements perméables et la végétation,
qui ont une capacité naturelle à diminuer l'absorption de la chaleur.
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Augmentation de l'évapotranspiration
Les sols perméables associés à des aménagements végétalisés ont un impact direct sur la régulation thermique
de la ville. Par le biais du processus d'évapotranspiration, l'eau s'évapore des surfaces et les plantes
libèrent de la vapeur d'eau, ce qui crée un effet de refroidissement de l'air ambiant. Cette stratégie
naturelle permet de réduire la température environnante et d'améliorer le confort thermique urbain,
particulièrement lors des périodes de chaleur intense.
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Santé publique
Les températures élevées, exacerbées par les îlots de chaleur urbains, sont des facteurs de risque accru pour
la santé, notamment pour les populations vulnérables telles que les personnes âgées, les enfants et ceux
souffrant de maladies chroniques. En diminuant les températures locales grâce à la désimperméabilisation, nous
réduisons les risques de déshydratation, de coup de chaleur et d’autres affections liées à la chaleur,
contribuant ainsi à la protection de la santé publique.
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Amélioration de la qualité de vie
Outre la réduction des températures, la désimperméabilisation contribue à la création d'espaces verts, qui
sont essentiels pour le bien-être des citadins. Ces espaces offrent un refuge contre la chaleur et favorisent
un meilleur confort thermique, surtout lors des vagues de chaleur. De plus, ils améliorent l'esthétique
urbaine en créant des lieux propices à la détente, aux loisirs et à la convivialité, enrichissant ainsi la
qualité de vie des habitants et renforçant l'attractivité des zones urbaines.
La désimperméabilisation des sols représente une approche essentielle pour atténuer les effets des îlots de
chaleur urbains. En favorisant l'infiltration de l'eau, en réduisant les températures et en créant des espaces
végétalisés accessibles, cette stratégie permet de renforcer la résilience des villes face aux changements
climatiques tout en améliorant la qualité de vie des citadins. Il est donc indispensable d'intégrer ces
pratiques dans la planification urbaine pour un avenir plus durable et plus sain pour tous.
Comment a été créé ce facteur ?
Pour obtenir une carte des températures de surface, nous sommes partis d’une image satellitaire Landsat 9 de niveau 2, acquise le 19 août 2023 à 12h22. Cette image, déjà corrigée des effets atmosphériques, a simplifié le processus de traitement.
Pour obtenir les températures de surface en degrés Celsius, deux étapes de calcul ont été nécessaires, réalisées à l'aide de la calculatrice raster dans QGIS. Premièrement, la température de surface en Kelvin a été calculée en appliquant la formule suivante à chaque pixel de l'image :
TS(K) = pixel × 0,00341802 + 149
Où TS(K) représente la température de surface en Kelvin et "pixel" la valeur brute du pixel dans l'image. Les chiffres 0,00341802 et 149 sont des coefficients spécifiques utilisés dans la formule de conversion pour obtenir la température de surface à partir des données brutes de Landsat 9.
Ensuite, pour convertir ces températures de Kelvin en degrés Celsius, une seconde formule a été appliquée :
TS(°C) = TS(K) - 273,15
La soustraction de 273,15 est nécessaire pour convertir une température exprimée en Kelvin (K) en degrés Celsius (°C) en raison de la relation entre ces deux échelles de température. L'échelle Kelvin est une échelle absolue qui commence au zéro absolu, soit la température théorique la plus basse possible où tout mouvement moléculaire cesse (0 K = -273,15 °C).
Cette méthode a permis de générer une carte des températures de surface en degrés Celsius, directement exploitable en divisant les températures obtenues en cinq classes. Pour la discrétisation des données, nous avons opté pour la méthode des ruptures naturelles de Jenks. Ce choix s'est avéré pertinent compte tenu de la distribution symétrique de mes données. En effet, bien que la méthode de Jenks soit souvent privilégiée pour les distributions multimodales, elle donne à voir également de bons résultats pour d'autres types de distributions. L'avantage principal de cette méthode réside dans sa capacité à minimiser les variances intra-classe tout en maximisant les variances inter-classe, ce qui permet de créer des classes homogènes et distinctes les unes des autres. Ainsi, elle met en évidence les regroupements naturels au sein des données.

Densité des espaces verts
La densité des espaces verts est un facteur clé dans un outil d’aide à la décision pour la
désimperméabilisation,
car elle permet de répondre à des enjeux écologiques, sociaux et sanitaires.
En réduisant les surfaces imperméables, la création d’espaces verts accessibles améliore la régulation
thermique,
réduit les risques d’inondation et favorise la biodiversité, tout en offrant un cadre de vie plus sain et
agréable.

Ce facteur permet ainsi de prioriser les zones où la transformation des sols peut apporter les plus grands
bénéfices en termes de bien-être,
de résilience climatique et d’équité sociale.
Qu’apportent les espaces verts en ville ?
L’accessibilité aux espaces verts répond à des besoins écologiques, sociaux et sanitaires en matière
d’aménagement des territoires. D’un point de vue écologique, l’accessibilité aux espaces verts permet de :
-
Faire la régulation thermique et climatique :
Les espaces verts contribuent à réduire les îlots de chaleur urbains grâce aux phénomènes de “transpiration”
des végétaux, qui sont exacerbés par les surfaces imperméables comme l’asphalte et le béton (ONF, 2021). Les
habitants peuvent ainsi profiter d’un environnement plus frais, surtout en période de canicule. La présence de
végétation améliore aussi la qualité de l’air, ce qui a un impact direct sur la santé publique.
-
Gérer des eaux pluviales et réduire les risques d’inondation :
Les espaces verts accessibles, agissent comme des zones tampons pour les eaux pluviales, limitant les risques
d’inondation. Ils favorisent l’infiltration naturelle de l’eau dans les sols, réduisant ainsi la pression sur
les systèmes d’évacuation urbains. Ces espaces, comme les noues paysagères ou les bassins de rétention,
permettent de concilier gestion hydraulique et esthétique (Envies de ville, 2024).
-
Augmenter la biodiversité en ville :
Les espaces verts accessibles favorisent le retour de la biodiversité en ville (Meyer-Grandbastien). En
désimperméabilisant les sols, il est possible de créer des habitats pour les espèces végétales et animales,
tout en sensibilisant les populations urbaines à la nature (Less Saves The Planet, 2024).
D’un point de vue social, l’accessibilité aux espaces verts permet de :
-
Améliorer la qualité de vie :
Les espaces verts jouent un rôle fondamental dans le bien-être des citadins. En désimperméabilisant des
surfaces, il devient possible de transformer des zones minérales en espaces verts accessibles, comme des
parcs, des jardins partagés ou des corridors écologiques. Une meilleure accessibilité à ces espaces favorise
la cohésion sociale, les activités de plein air, et crée des lieux de détente et de rencontre (Less Saves The
Planet, 2024).
-
Améliorer la santé et équité sociale :
L’accès aux espaces verts a des effets avérés sur la santé mentale et physique : réduction du stress,
amélioration de la concentration et augmentation de l’activité physique (Meyer-Grandbastien; Hagenlocher,
2024). Cependant, ces bénéfices ne profitent pas toujours équitablement à toutes les populations urbaines. La
désimperméabilisation peut donc être un outil pour réduire les inégalités d’accès aux espaces verts, notamment
dans les quartiers défavorisés ou densément construits.
Intégrer l’accessibilité aux espaces verts dans les projets de désimperméabilisation, c’est aussi anticiper les
besoins futurs d’une ville résiliente et durable face aux changements climatiques. Ces espaces peuvent être
conçus comme des infrastructures multifonctionnelles, alliant loisirs, régulation écologique et préservation des
ressources naturelles.
Comment a été créé ce facteur ?
Les données utilisées proviennent du jeu de données « Végétation stratifiée 2018 » mis à disposition par la Métropole de Lyon. Ce raster à très haute résolution (1 m²) a été généré à partir d’une orthophotographie et d’un relevé LiDAR réalisés en 2018. Il permet une classification détaillée des espaces végétalisés en cinq strates de hauteur :
- Herbacées
- Buissons ( moins 1,5 m)
- Arbustes (1,5-5 m)
- Petits arbres (5-15 m)
- Grands arbres (>15 m)
Ces données constituent une base pour identifier les espaces verts à une échelle plus fine, donc plus précise sur la présence d’espaces verts, que les bases de données sur l’occupation du sol.
Traitement des données
Afin de rendre ces données exploitables à l’échelle de l’Urban Atlas, une agrégation a été réalisée : la somme des pixels correspondant à chaque type de végétation a été calculée pour chaque parcelle, ce qui permet d’obtenir directement la superficie en mètres carrés de chaque strate végétale par parcelle.
Après l'agrégation des pixels à l'échelle des parcelles Urban Atlas, nous avons procédé à un calcul de densité pour chaque type de végétation. Cette densité a été obtenue en divisant la superficie totale de chaque strate végétale (herbacées, buissons, arbustes, petits arbres et grands arbres) par la superficie totale de la parcelle correspondante. Cette approche nous permet d'obtenir un pourcentage de couverture pour chaque type de végétation.
De plus, nous avons calculé une densité globale d'espaces verts en additionnant les superficies de toutes les strates végétales et en divisant par la superficie totale de la parcelle.
Nous avons choisi d’effectuer une analyse de densité des espaces verts plutôt qu’une analyse d’accessibilité dans le cadre de notre travail, car notre objectif était de quantifier et de localiser précisément la couverture végétale au sein de notre zonage urbain. Contrairement à l’accessibilité, qui se concentre sur la proximité des espaces verts pour les habitants, l’analyse de densité permet de mesurer directement le potentiel écologique des espaces verts, notamment leur rôle dans la gestion des eaux pluviales.
Cette approche est particulièrement pertinente dans un contexte de désimperméabilisation, où l’enjeu est d’évaluer la capacité des sols à absorber l’eau et à favoriser la biodiversité, indépendamment des considérations d’usage ou de fréquentation humaine.
Distribution des données et discrétisation
L'examen de la distribution a révélé un caractère multimodal, indiquant la présence de plusieurs groupes distincts au sein de nos données. Face à cette particularité, nous avons opté pour la méthode de discrétisation de Jenks. Cette approche permet de mettre en évidence les regroupements naturels inhérents à nos données de densité d'espaces verts, en respectant la structure multimodale observée.
En conséquence, les classes obtenues reflètent de manière plus fidèle les variations réelles de la densité végétale au sein de notre zone d'étude. Cette étape nous a permis de définir un score en fonction de la discrétisation observée.
Présentation de l’équipe et du projet
Ce projet a vu le jour grâce à une collaboration entre les Masters 2 Géonum et SENTINELLES des
universités Lyon 2 et Lyon 3.
Il a pour objectif de concevoir un outil d’aide à la décision et de sensibilisation pour la
désimperméabilisation des sols urbains dans la Métropole de Lyon.
Ce travail s’inscrit dans une démarche de durabilité et de résilience urbaine, en réponse aux enjeux
climatiques croissants tels que les inondations et les îlots de chaleur urbains.
L'outil développé permettra aux gestionnaires de la Métropole de Lyon et aux urbanistes de mieux cibler les
interventions à réaliser en matière de gestion des sols urbains.
Il apportera également aux citoyens et aux différents acteurs locaux les informations nécessaires pour mieux
comprendre l'importance de la désimperméabilisation et les bénéfices à long terme sur l’environnement.
En somme, ce projet vise à accompagner les acteurs publics dans leurs décisions d’aménagement, tout en
sensibilisant la population aux enjeux écologiques locaux.
Étudiants impliqués dans le projet
L’équipe se compose de six étudiants, répartis entre les deux masters, qui ont travaillé de manière
collaborative tout au long du projet.
Les étudiants de Géonum se sont concentrés sur la géomatique et l’analyse spatiale, tandis que ceux de
SENTINELLES ont apporté leur expertise en gestion environnementale et en gestion de projet :
Étudiants de Géonum :
- GENTAZ Lily
- MOUSTAID Myriam
- OBRIOT Anatole
Étudiants de SENTINELLES :
- BERNARD Mathilde
- CHARBONNET Nicolas
- LEPERA-DUMOLLARD Aloïs
Encadrants et commanditaires
La désimperméabilisation dans le Grand Lyon
Détails sur la perméabilité et l'impact urbain.
Nombre de polygones sélectionnés :
0
Surface totale des polygones sélectionnés :
0 km²
?
Comment utiliser la carte ?
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Pourquoi prendre en compte les bassins récepteurs dans la politique de désimperméabilisation ?
La prise en compte des bassins récepteurs dans la politique de désimperméabilisation est essentielle pour
une gestion efficace des eaux pluviales en milieu urbain.
En favorisant l’infiltration de l’eau dans le sol plutôt que son ruissellement direct vers ces bassins,
la désimperméabilisation permet de réduire les risques d’inondation, de limiter la surcharge des réseaux
d’évacuation et d’améliorer la qualité des eaux en filtrant naturellement les polluants.
De plus, elle contribue à la recharge des nappes phréatiques et renforce la résilience climatique des villes
face aux épisodes de fortes pluies ou de sécheresse.
La prise en compte des bassins récepteurs permet ainsi d’optimiser la gestion de l’eau tout en réduisant les
coûts liés aux infrastructures de drainage.
Quels sont les effets des bassins récepteurs imperméables en ville ?
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Environnement urbain imperméabilisé :
l’eau de pluie ne peut pas pénétrer dans le sol. Elle ruisselle donc rapidement sur les surfaces jusqu’à
atteindre les systèmes de drainage ou les points bas, augmentant la charge des bassins récepteurs, qu’il
s’agisse de bassins naturels comme les rivières et les lacs, ou d’infrastructures artificielles comme les
bassins de rétention. En désimperméabilisant des surfaces, une partie de l’eau s’infiltre localement dans
le sol plutôt que de ruisseler directement vers les bassins récepteurs. Cela réduit non seulement le
volume d’eau arrivant à ces bassins, mais aussi la vitesse du ruissellement, limitant ainsi les pics de
débit qui peuvent provoquer des inondations. Par ailleurs, les infrastructures existantes de gestion des
eaux pluviales, comme les réseaux d’évacuation ou les stations de traitement, sont moins sollicitées, ce
qui contribue à leur efficacité à long terme. En effet, cela évite aux stations d’épuration de traiter de
l’eau de pluie et donc de surcharger l'arrivée d’eau en tête de stations réduisant souvent leur capacité
de traitement pendant les crues.
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La réduction des inondations :
La désimperméabilisation contribue à réduire les risques d’inondations en permettant une infiltration
locale de l’eau, ce qui évite qu’elle ne s’accumule en grandes quantités dans les zones basses.
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La recharge des nappes phréatiques :
L’eau infiltrée s’accumule naturellement dans les réserves souterraines, un atout crucial en période de
sécheresse.
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Le rôle de la perméabilité des sols :
Les sols perméables jouent un rôle de filtre naturel, piégeant les polluants présents dans les eaux de
ruissellement comme les huiles ou les métaux lourds, ce qui améliore la qualité de l’eau qui finit par
atteindre les bassins récepteurs ou les cours d’eau.
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Un gain économique :
La désimperméabilisation permet de diminuer les coûts associés à la gestion des eaux pluviales, en
limitant la nécessité de construire de nouvelles infrastructures ou de renforcer les systèmes existants.
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Amélioration de la résilience climatique :
Dans les villes lors d'aléas climatiques, comme les pluies intenses ou les périodes de sécheresse
prolongée, en permettant une gestion plus naturelle et flexible de l’eau. Cela évite principalement
pendant les crues d'inonder les bassins récepteurs
En somme, la désimperméabilisation réduit la pression sur les bassins récepteurs tout en apportant de
nombreux avantages écologiques, économiques et sociaux. Elle est donc une solution essentielle pour
construire des villes durables, résilientes et adaptées aux défis climatiques actuels.
Comment à été créé ce facteur ?
La désimperméabilisation aide à limiter la dispersion des polluants industriels et à améliorer la qualité des
sols et de l’eau.
La dépermeabilisation permet de réduire la température locale et d’améliorer le confort thermique urbain.
En intégrant plus d’espaces verts en ville, la désimperméabilisation favorise la biodiversité et améliore la
qualité de vie.